jeudi 16 novembre 2017

La famille Addams, une comédie musicale de Andrew Lippa.




Textes de Marshall Brickman et Rick Elice
Livret et Musique : Andrew Lippa
Mise en scène : Ned Grujic
D'après l’œuvre et les personnages de Chas Addams.
Au théâtre Le Palace du 15 septembre 2017 au 6 janvier 2018.

  Après un premier succès à Broadway en 2009, l'excentrique et macabre famille américaine, vedette de films, de séries télévisées et de bandes dessinées, et célèbre dans le monde entier pour son humour noir brillant, ses délires macabres et sa satire mordante arrivent enfin à Paris au Théâtre Le Palace.


  Dans l'aile gauche d'une immense villa délabrée de style victorien vit une famille macabre et excentrique, la Famille Addams. La singulière Mercredi, princesse des ténèbres et fille aînée de la famille, est maintenant devenue une jeune fille ; et comme la plupart des jeunes filles, elle tombe amoureuse d'un garçon qui, aux yeux de sa famille, aurait tous les défauts : doux, gentil et... totalement ordinaire !

  Effrayée par la réaction possible de sa mère, la mystérieuse et fascinante Morticia, Mercredi décide de confier le secret de son amour à son père Gomez Addams, forçant ce dernier à faire une chose qu'il n'a jamais faite de sa vie : ne pas révéler ce secret à sa Morticia chérie et adorée. Jusqu'au jour où... s'organise un dîner dans le manoir des Addams pour la présentation officielle du petit ami de Mercredi !

  Venez rencontrer la famille la plus folle du monde dans une aventure délirante qui pourrait se révéler un cauchemar pour beaucoup de parents!...

***

   Si j'ai toujours adoré la Famille Addams, j'ignorais totalement qu'elle avait été adaptée en musical jusqu'à ce que je vois les affiches de l'adaptation française dans le métro en janvier dernier. En effet, la version originale du spectacle remonte à 2009, année pendant laquelle est est tout d'abord montée à Chicago puis à Broadway, avant d'être reconduite puis adaptée dans de nombreux autres pays les années suivantes. C'est ainsi qu'elle est arrivée sur les planches du théâtre Le Palace, à Paris, pour sa version française. Il était évident que je ne pouvais louper un tel événement à l'occasion d'Halloween!


  Alors que les rideaux sont encore fermés, c'est la voix chevrotante de Grand-Mère Addams qui nous invite à éteindre nos portables pendant la séance avant que ne résonnent les premiers claquements de doigts et LA célèbre musique du générique composée par Mark Sheiman (que tout le monde connait, même ceux qui ne connaissent pas la Famille Addams). Le rideau s'ouvre sur le manoir victorien des Addams, entièrement reconstitué sur scène, bordé de son cimetière familial. Entre les arbres tortueux et sous une lune gigantesque, un Gomez Addams plein de bonhommie nous accueille, cigare au bec, rejoint par les membres de son clan pour la chanson introductive la plus connue du musical : "Pour être un Addams". Comme chaque année, la famille réveille ses morts et les fantômes des ancêtres, événement qui coïncide malheureusement avec le soir où la cynique Mercredi veut présenter son petit-ami et sa famille à ses parents. Catastrophe : ceux-là s'avèrent très... ordinaires. Véritable choc des cultures entre gothique chic et bourgeoisie coincée, le dîner de présentation tourne à la catastrophe vaudevillesque.

La très chouette scène d'intro, présentation et résurrection...

  L'avantage de l'univers graphique de Chas Addams est qu'on peut imaginer n'importe quelle histoire à partir de ses illustrations (on rappelle qu'à l'origine, la famille Addams n'est pas un roman mais une collection de dessins et de scènes humoristiques publiés dans la presse américaine). La difficulté est ensuite de réussir à construire une intrigue complète qui parvienne à restituer et reste fidèle à l'esprit d'un univers aussi restreint sur le papier : le potentiel est grand, mais encore faut-il donc le cerner dans son exactitude. Pour cela, les fans de la première heure de la Famille Addams seront servis : l'histoire, inédite (elle n'a jamais été racontée dans l'un des précédents films ou épisodes des séries), est typique de l'univers de Chas Addams et l'on retrouve les personnages avec jubilation


  Gomez (joué par Guillaume Bouchède) est peut-être un peu trop sympathique de prime abord, mais on réalise qu'il est finalement assez proche du Gomez illustré original, qui n'avait pas le flegme racé de Raul Julia (son interprète dans les films des années 90). A ses côtés, Lucie Riedinger interprète une Morticia absolument fan-tas-tique! Quelle classe, mais quelle classe! La démarche, l'élégance, le cynisme, l'ironie, tout y est! Dans la même dynamique, cotons Mercredi, jouée ce soir là par Julie Costanza, doublure de l'actrice qui tient officiellement le rôle et qu'elle remplaçait pour la première fois. Chapeau à elle, elle a très bien restitué la Mercredi que l'on connait : glaciale, imperturbable et caustique, un vernis (noir) qui craque à peine (mais un peu quand même) lorsqu'elle tombe amoureuse. 


  Parmi les autres rôles, il ne faut pas oublier l'excellente quoi que peu articulée prestation de Vincent Gillièron en Lurch, le majordome très "frankensteinien" des Addams, absolument hilarant lorsqu'il entreprend de longues explications en grognements (j'ai cru mourir de rire plus d'une fois). Grand-Mère a quelques interventions très drôles également, mais pour le reste, le jeu des autres principaux Addams m'a moins marqué (même Fétide, un poil trop romantique peut-être?), si ce n'est la (très) courte apparition de mon chouchou le Cousin Machin, que le Musical a eu la bonne idée d'inviter sur scène pour quelques minutes de babillages...

 La présence des fantômes et morts-vivants échappés du cimetière des Addams est totalement facultative mais participe à l'embellissement global du spectacle, et ajoute au gothique de carnaval de cette famille unique en son genre. La sortie des tombes et la démarche très "zombie walk" m'a fortement rappelé le musical du Bal des Vampires, ici en moins imposant tout de même, surtout que les fantômes Addams s'avèrent très vite plus sympathiques que les vampires Polanski.

La sortie de tombe des vampires à Mogador, en 2014.

 Les Beineke, les beaux-parents de Mercredi, sont quant à eux des personnages totalement nouveaux. Ce couple bobo qui étouffe de normalité et semble s'asphyxier sous les névroses permet de mettre en évidence les nombreuses différences entre une famille ordinaire très rangée et l'extravagance macabre des Addams. Cependant, ils réservent quelques surprises décoiffantes même si l'on devine quelque peu l'évolution qui les attend.


  En ce qui concerne les chansons et musiques, elle sont sympathiques et entrainantes même si elles ne m'ont pas durablement marqué - d'autant qu'elles étaient enregistrées et non jouées en live, ce qui est bien dommage. En fait, ce qui m'a le plus enthousiasmé dans ce spectacle, c'est son humour, son formidable comique de situation et du détournement : les discours incompréhensibles de Lurch que j'évoquais plus haut, Grand-Mère Addams qui chante du Maître Gims en promenant son caddie, ou encore les nombreux quiproquos dignes d'une pièce de vaudeville! Certaines répliques, également, sont des plus savoureuses : Morticia et Gomez se disputant à propos de Grand-Mère ("Depuis que ta mère s'est installée chez nous..." "Ta mère? mais attends, je croyais que c'était la tienne?" "Ne change pas de sujet, s'il te plait" " Non mais vraiment chérie, il faut qu'on en parle!") et qui renvoie à sa filiation changeante au fil des publications originales, ou encore Gomez s'extasiant "Mais chérie, tu as des jambes?!" lorsque Morticia se présente en jupe de tango fendue au lieu son habituelle et iconique robe fourreau. 


  La mise en scène est également servie par un décor très impressionnant, avec le manoir entier des Addams qui évolue sur scène, puis pivote pour s'ouvrir et dévoiler l'intérieur de son aile gauche ou droite, à la façon d'une maison de poupée géante. Les décors et accessoires sont en effet l'autre point fort du spectacle, du gigantesque fauteuil en rotin de Morticia à la chaise de torture de Gomez, en passant par les trappes par lesquelles apparait La Chose (renvoyant aux astuces délicieusement désuètes qu'utilisait par exemple la série télévisée des années 60).

En bref : Un spectacle musical absolument hilarant qui séduit par son humour vaudevillesque et son respect de l'univers de Chas Addams. Une mise en scène enthousiasmante et des comédiens convainquants, un musical comique qui plaira beaucoup aux amoureux de La famille Addams!


Le Rocky Horror Picture Show, projection interactive au Studio Galande



The Rocky Horror Picture Show,

Un film de Jim Sharman en projection interactive au Studio Galande par la troupe des Deadly Stings.

Avec : Tim Curry, Susan Sharandon, Barry Bostwick, Richard O'Brien, Patricia Quinn...

  Une nuit d'orage, la voiture de Janet et Brad, un couple coincé qui vient de se fiancer, tombe en panne. Obligés de se réfugier dans un mystérieux château, ils vont faire la rencontre de ses occupants pour le moins bizarres, qui se livrent à de bien étranges expériences.

  Bide absolu lors de sa sortie, cette comédie musicale Rock’n roll, sortie en 1975, a été sauvé par ses fans qui revenaient chaque semaine déguisés. Le plus culte des films cultes, le Rocky Horror Picture Show est projeté partout dans le monde et les séances prennent la forme de vraie messe où le spectacle se passe autant à l’écran que dans la salle Les séances du Rocky Horror Picture Show ne sont pas des séances comme les autres. Vous pourrez non seulement chanter, mais vous pourrez aussi jeter de l’eau et du riz (pendant les mariages et l’orage) et faire la danse traditionnelle du Rocky Horror Picture Show: le Time Warp. Mais ce n’est pas tout, chacune des séances sera animée par une troupe de bénévoles qui rejouera, devant vos yeux, le film dans la salle et sera prête à tout pour vous faire passer une séance de ciné que vous n’êtes pas près d’oublier.

***

« As-tu entendu parler du Rocky Horror Picture Show ? » me demande l'amie parisienne chez qui je passe le weekend, et avec qui nous discutions alors de pop culture horrifique.
-Oui, je connais, de nom seulement. Je sais que c'est une sorte de film d'horreur parodique des années 70 mais rien de plus, pourquoi ?
-Il est sur ma liste de films à voir, ajoute-t-elle, et un ami m'a dit que si je devais le visionner, il fallait absolument que je le fasse au Studio Galande : un cinéma parisien où le film est projeté depuis plus de 30 ans sans interruption, avec une animation faite par une troupe de comédiens.

   Après tout, pourquoi ? En pleine période d'Halloween, ce serait de circonstance... Nous nous renseignons sur internet en attendant la dernière amie qui composera la trio infernal de ce weekend parisien, admettant très vite que nous ne tenterions pas l'expérience en solo. Pourquoi « expérience » ? Pourquoi pas en solo? Le site officiel duStudio Galande promet un ciné spectacle tonitruant, pendant lequel il est autorisé de jeter du riz pendant les scènes de mariage, de l'eau pendant les scènes d'orage, et des toasts (!) pendant la scène du repas. Hum. Si les toasts sont beurrés, ce sera une autre paire de manche...

   Nous sommes vite rejoints pas Ficelle/Pouchky, à qui nous présentons l'éventuel programme du soir : « Cela te dit de passer une soirée pendant laquelle on va se prendre du riz, de l'eau, et des toasts en pleine figure ? »
-Vous connaissez un restaurant où l'on sert si mal ? Interroge-t-elle avec son flegme habituel.
A peine lui précise-t-on qu'il s'agit d'un film que, forte de ses connaissances en culture pop, elle s'exclame : « Aaaah, mais c'est le Rocky horror !».

...

Le programme de la soirée était donc décidé.

(Note : la suite de cet article pourrait heurter la sensibilité des plus jeunes... haha...). Poursuivez la lecture à vos risques et périls.

lundi 13 novembre 2017

The Rules of Magic - Alice Hoffman

Simon & Schuster, 2017.

  Pour la famille Owens, l'amour est une malédiction depuis 1620, lorsque Maria Owens fut accusée de sorcellerie pour avoir aimé le mauvais homme.
  Plusieurs centaines d'années plus tard, dans un New York à la veille du grand tournant des sixties, Susanna Owens sait que ses trois enfants sont dangereusement uniques. Franny la difficile, avec sa peau blanche comme le lait et sa chevelure écarlate comme le sang. La douce et belle Jet, qui peut lire dans les pensées. Le charismatique Vincent, qui a commencé à chercher les problème depuis le jour où il a su marcher.
  Aussi Susanna a-t-elle créé des règles pour ses enfants : ne pas marcher sous la pleine lune, pas de chat, pas de bougies, et aucun livre évoquant la magie. Et le plus important : ne jamais ô grand jamais tomber amoureux. Mais il ne faut pas longtemps aux derniers nés des Owens pour mettre au grand jour quelques vieux secrets de famille et s'interroger sur ce qu'ils sont en réalité. Bientôt, chacun d'eux aura à faire un dangereux voyage tandis qu'ils essayeront d'échapper à la malédiction familiale et briseront une à une toutes les règles de la magie.

Le préquel tant attendu des Ensorceleuses.

***

"Pourquoi rien ne reste-t-il jamais secret? Les gens essaient de se protéger du passé, mais cela ne fonctionne jamais."

  J'avais commencé à en parler depuis quelques temps sur la page facebook du blog : Alice Hoffman, l'une des auteures les plus prolifiques de l'Amérique contemporaine, avait annoncé, après plus de vingt ans d'attente un nouveau roman se situant dans l'univers de son best-seller Les ensorceleuses (Practical Magic). Les lecteurs réclamaient une suite, Alice Hoffman, toujours là où on ne l'attend pas, leur offre un préquel. Et pas n'importe lequel : dans The Rules of Magic, c'est l'histoire des deux charismatiques tantes qu'elle nous raconte, ces deux vieilles filles extravagantes et mystérieuses qu'on avait adorées dans le premier roman et que le film avait rendues encore un plus sympathiques.

Les tantes Owens dans le film Les ensorceleuses.

  New York, à l'aube des années 60 : Susanna Owens a fui l'héritage mystique des femmes nées de la lignée de Maria Owens, en son temps accusée de sorcellerie. Pour protéger ses enfants des aspects les plus horribles de ce legs bien spécial, elle interdit tout ce qui pourrait de près ou de loin inviter la magie dans leur vie et les rappeler à leur vraie nature. Mais la magie est là et leurs dons, près à éclore. Si Frances 'Franny', l'aînée, se pense trop cartésienne pour accorder du crédit aux rumeurs familiales, sa cadette la romantique Bridget 'Jet' ne se prononce pas totalement, tandis que le plus jeune, Vincent, lui, a déjà commencé à flirter avec la part d'ombre des Owens en se plongeant des journées entières dans des ouvrages occultes. Très vite, les trois adolescents sont rattrapés par la coutume familiales : à ses dix-sept ans, Franny est invitée comme chaque jeune Owens à passer l'été auprès de la matriarche de la famille, leur tante Isabelle qui vit dans le fin fond du Massachusetts. Tous les trois quittent donc leur maison près de Central Park pour découvrir le berceau familial : l'antique maison des Owens de Magnolia Street. Les adolescents découvriront un lieu où la superstition est reine, un univers où le beurre font comme par magie lorsque l'on tombe amoureux, un monde ou l'on vient toquer à votre porte pour monnayer un charme amoureux. Surtout, ils apprendront à s'ouvrir à leur véritable nature et faire le choix de l'accepter ou de la refouler... pour le meilleur ou pour le pire.

"Rappelez à vos clients de faire attention aux vœux qu'ils feront, disait Isabelle. Ce qui est donné ne pourra être repris. Ce qui sera engendré aura sa vie propre."


"Franny avait décidé que la magie n'était pas très éloignée de la science. Toutes les deux cherchaient l'explication où il n'y en avait pas, la lumière dans les ténèbres, les réponses aux questions trop complexes pour les simples mortels."

  Si le choix d'un préquel est aujourd'hui -dans l'industrie de l'édition ou du cinéma- souvent un coup de marketing prometteur, Alice Hoffman ne cède jamais aux sirènes de la facilité - ce qu'elle ne pouvait de toute façon pas se permettre si elle tenait à égaler Les ensorceleuses. Applaudissons-là, elle a fait dix fois mieux : son travail d'écriture approche le tour de force littéraire. En effet, Alice Hoffman rend un hommage très touchant à son plus grand succès, marquant la filiation entre les deux de clins d’œil et d'échos autant dans la construction du récit ( le titre des différentes parties qui rythment The rules of Magic renvoient instantanément à ceux des chapitres qui structuraient Les ensorceleuses) que dans les citations et grandes idées du récit (les notions de mal et de remède, à l'amour notamment, reviennent comme des leitmotiv très pertinents) mais va aussi beaucoup plus loin. Elle ne se contente pas d'expédier à la va-vite une histoire qu'elle situerait vaguement avant Practical Magic mais nous sert une intrigue qui a son existence, son intérêt propre. Elle mêle fiction et Histoire en situant cet antépisode dans le contexte socialement et culturellement mouvementé des sixties : dès lors, révolutions sexuelles, féministes, et libertaires deviennent la toile de fond du parcours mouvementé de ce trio qui appréhende les talents extraordinaires que leur sang a transmis. Une mise en abyme réussie et furieusement évocatrice.

 Le New York des années 60 : Manhattan et Central Park...

"Le destin est ce qu'on fait de lui (...). Tu peux en tirer le meilleur ou le laisser prendre le meilleur de toi."

  On notera cependant que l'ombre du fantastique est un tantinet plus présente dans ce préquel. En effet, dans les ensorceleuses, les mots "malédictions" et "sorcière" n'étaient jamais vraiment écrits et se laissaient seulement deviner. Ici, Alice Hoffman les cite plusieurs fois, nous plongeant dans une atmosphère qui évoque davantage le film des Ensorceleuses plutôt que son propre roman. Pour autant, elle continue de se situer dans la mouvance du Magic Realism, dont elle reste l'une des grandes représentantes : en cultivant l'art de capturer l'instant de sa plume minutieuse et de s'attacher à des éléments très concrets qu'elle sublime d'une écriture au fond très poétique, la magie si bien nommée reste une suggestion. Les personnages, par ailleurs, sont particulièrement bien dessinés et donnent véritablement corps à l'histoire : on s'identifie totalement à ces âmes perdues ou éperdues, qui tentent de se construire au-delà ou peut-être grâce aux obstacles et questions identitaires qui se dressent sur leur chemin.

La maison familiale des Owens.

"Pour tout ce que vous pourrez soigner, il existera toujours une centaine de remèdes. Pour ce qui est définitivement incurable, même les mots n'y feront rien."

  La sincérité et la profonde humanité qui se dégage de ces protagonistes amènent à éprouver à leur encontre une véritable empathie comme peu d'auteurs savent en susciter. Cela permet de se laisser porter sur près de 400 pages de cette fresque familiale passionnée où la métaphore est reine. Car au fil des bouleversements et des coups du sort que rencontrent les Owens, Alice Hoffman parle finalement d'éléments qui résonneront en chacun de nous : le deuil, la différence, l'acceptation de soi, l'amour (sans jamais tomber dans l'écueil de la niaiserie) et, surtout, aborde la grande question du déterminisme : sommes nous prédestinés à une fin déjà écrite ou pouvons nous prendre les rennes de notre destin?


"Il y avait des choses qu'elles auraient besoin d'apprendre. Ne pas boire de lait après la foudre car il aura certainement tourné. Toujours laisser des graines pour les oiseaux aux premières neiges. Laver ses cheveux avec du romarin. Boire du thé à la lavande quand on ne peut pas dormir. Et savoir que le seul remède à l'amour est d'aimer encore plus."

En bref : Avec The rules of Magic, Alice Hoffman signe un préquel des Ensorceleuses qui surpasse de loin l'original, racontant une histoire qui affirme sa propre originalité sans oublier sa filiation. Retraçant la vie des Tantes Owens dans une Amérique secouée de nombreux bouleversements socio-historiques, l'auteure tisse une métaphore qui force l'admiration sur l'affirmation de sa propre différence et la volonté de s'affranchir de tout déterminisme. Et lorsqu'en fin de lecture, The rules of Magic se clôt là où commençait les Ensorceleuses , on réalise qu'Alice Hoffman a bouclé la boucle de façon magistrale. Un vrai coup de cœur.


dimanche 12 novembre 2017

Gourmandise littéraire : Pancakes Saguaro et sirop de nigelle pour un petit-déjeuner chez les Owens.


  Vous commencez certainement à le savoir : chez les Owens du roman Les ensorceleuses d'Alice Hoffman, la nourriture est quelque chose de sacré. Sally, l'ainée des sœurs, tente en grandissant de s'écarter de son héritage magique en s'éloignant de tout ce qui touche de près ou de loin à leur enfance et ce que leur ont transmis leurs tantes un peu sorcières. Cela concerne autant la magie que les habitudes alimentaires : Adieux les tartes à la guimauve et les gâteaux au chocolat à n'importe quelle heure de jour ou de la nuit ; aujourd'hui mère de deux filles qu'elle éloigne le plus possible de la malédiction des Owens, Sally cuisine des plats toujours très sains et ( même trop) équilibrés, au grand désespoir de ses enfants. Aussi, lorsque Kylie, sa cadette, demande des pancakes pour son anniversaire, Sally les prépare nécessairement à la façon healthy.


  Mais c'est sans compter le grain de sel de Gillian, la sœur exubérante de Sally. La piquante sorcière compte bien profiter de ce petit-déjeuner pour éloigner l'inspecteur Gary Hallet, qui s'est justement invité à la maison pour "cuisiner" nos deux héroïnes quant à la disparition douteuse de Jimmy, ex-ami de Gilly (en vérité six pieds sous terre grâce à leurs bons soins). Pour cela, rien de mieux que de mettre le nez dans le vieux grimoire des tantes : une recette de conjuration toute spéciale à donner à une personne indésirable pour la bannir devrait faire l'affaire. Gillian s'empresse de concocter la mixture, un sirop à base de Nigelle de Damas qui devrait envoyer au loin (sinon ad patres) le bel inspecteur.


"En l'honneur de l'anniversaire de Kylie, Sally avait préparé des Pancakes, du jus d'oranges pressées, et une salade de fruits saupoudrée de noix de coco."

Les ensorceleuses (Practical Magic), Alice Hoffman, éditions Flammarion, 1996.

  Les pancakes, de l'anglais pan (poêle) et cake (gâteau) sont l'équivalent américain des nos célèbres crêpes, à ceci près que leur diamètre est, comme nous le savons tous même dans l'hexagone, plus petit et leur épaisseur, plus dense. L'origine est cependant européenne puisque c'était au départ une recette importée par les Allemands migrants aux Etats-Unis entre le XVIIIème et le XIXème siècle. Il existe évidemment plusieurs recettes de pancakes : bien qu'on y retrouve peu ou prou les mêmes ingrédients mais dans des proportions qui peuvent diverger, on trouve aussi des variantes aromatisées ou réinterprétées par la cuisine macrobiotique actuelle à l'image de cette recette à base de flocons d'avoine, dont elle est inspirée. Par ailleurs, si Sally a l'habitude de les préparer ronds comme le veut la tradition américaine, l'inspecteur Gary Hallet, qui s'introduit dans sa cuisine, se permet quelques fantaisies en faisant sauter en l'air quelques pancakes Saguaro, à la forme de cactus!


  Si l'on sert habituellement les pancakes américains avec du sirop d'érable, il n'est pas impossible de préparer votre propre sirop, au parfum de votre choix, à la façon de Gillian Owens. Le grimoire des tantes indique un sirop à base de graines bénies, soit l'autre nom de la Nigelle. Mais attention, il en existe deux sortes : la Nigelle de Damas, qu'elle utilise en guise de substitut, et sa cousine la Nigelle aussi appelée Cumin noir ou... graines bénies. Or, en utilisant la Nigelle de Damas, Gillian risque fort bien d'envoyer ad patres l'inspecteur Hallet, puisque les graines sont connues comme particulièrement toxiques. A l'inverses, les graines bénies, ou cumin noir, possèdent de nombreuses vertus curatives (quant à leur capacité à éloigner par magie un visiteur indésirable, ma foi, nous n'en savons rien...). Cette plante est en effet utilisée depuis des millénaires dans différentes civilisations pour son pouvoir anti-viral et ses capacités à renforcer les défenses immunitaires. Par ailleurs, la recette de sirop que nous vous proposons ci-dessous est à la base celle très ancienne du sirop médicinal, que l'on faisait chez soi bien avant de le trouver commercialisé en pharmacie! Aussi, dans le cas où vous n'auriez plus de pancakes pour le finir, une cuillère à soupe matin et soir vous garantira la santé à l'approche de l'hiver...



Les Pancakes Saguaro (ou non) aux flocons d'avoine:


Ingrédients (une quinzaine de pancakes):

-30 cl de lait végétal,
-2 oeufs,
-230 g de farine,
-90 g de flocons d'avoine,
-1 sachet de sucre vanillé,
-3 c-à-s d'huile neutre,
-1 c-à-s de sirop d'érable,
-2 c-à-c de levure chimique,
-1/2 c-à-c de sel.

A vos chaudrons!

-Verser les flocons d'avoine dans une casserole avec deux fois leur volume d'eau, porter à ébullition puis laisser cuire 10 minutes à feu doux. Retirer et laisser tiédir.
-Dans un récipient, mélanger la farine avec la levure, le sucre vanillé et le sel.
-Dans un autre récipient, mélanger les œufs battus avec le lait, le sirop d'érable, l'huile, et les flocons tièdes.
-Mélanger les deux préparations.
-Chauffer une poêle graissée puis verser une louche de pâte par pancakes pour une forme traditionnelle, ou dessiner une forme de cactus en versant délicatement par cuillerées. Retourner quand de petites bulles apparaissent sur le dessus.
-Procéder ainsi jusqu'à épuisement de la pâte en graissant à nouveau la poêle de temps à autres.


Le sirop de Nigelle de Gillian :


Ingrédients:

-Une cuillère à soupe bombée de graine de Nigelle (Cumin noir),
-35 cl d'eau,
-300g de sucre blanc.

A vos chaudrons!


-A l'aide d'un mortier et d'un pilon, broyer grossièrement les graines de cumin noir.
-Les verser dans une casserole remplie de 35 cl d'eau, faire chauffer à feu moyen à couvert.
-Retirer du feu lorsque le mélange frémit puis laisser encore infuser pendant 3 à 4 minutes.
-Filtrer le liquide à travers une étamine pour isoler les graines et les résidus les plus fins de l'infusion.
-Remettre l'infusion dans la casserole et y ajouter le sucre. Mettre à chauffer en remuant de temps en temps jusqu'à ce que le mélange épaississe et adopte une consistance sirupeuse.
-Une fois terminé, verser le sirop dans un récipient hermétique pour le conserver à température ambiante.


  A déguster pour un breakfast ensorcelant avec les dames Owens...


***


mercredi 8 novembre 2017

La famille Addams - Charles 'Chas' Addams

The Addams Family, The Estate of Charles Addams, 1991 - Presse Pocket, 1992.


  Chas Addams. Voilà quelqu’un qui sert à dîner à ses amis sur une table d’embaumeur et qui célèbre son troisième mariage dans un cimetière pour chiens, la mariée étant, comme il se doit, en noir. Chas Addams est l’auteur qui a donné son nom, dans les années 30, à sa création : la famille Addams. Cet humoriste américain a voulu faire un clin d’œil au cinéma d’épouvante mais a parié sur la sobriété et l’originalité en montrant le quotidien d’une famille de montres.
 
  Ce recueil de dessins est préfacé par Patrice Duvic.


***

  Qui ne connait pas la famille Addams? On a tous déjà vu, à l'occasion d'une soirée d'Halloween et quelque soit notre génération, un épisode de la série des années soixante, l'un des films des années 90, ou une des adaptations en série animée, toujours avec le même plaisir du bizarre. Une mère aux allures de diva vampirique du nom de Morticia, un époux moustachu appelé Gomez, deux enfants -Pugsley et Mercredi (!)- qui passent leur temps à se torturer, une grand-mère un peu sorcière, un majordome aux allures de créature de Frankenstein, un oncle nommé Fétide qui ressemble trait pour trait à Igor, et un étrange animal de compagnie baptisé "La Chose" : on les connait tous, et on les adore au-delà, et peut-être même à cause de leur amusante monstruosité! Ce qu'on ignore encore souvent, c'est qu'avant d'être incarnée à l'écran, cette famille est la création graphique d'un illustrateur américain du nom de Charles (surnommé Chas) Addams (1912-1988) ; petit retour sur la première Famille Addams, grâce à ce recueil paru à l'occasion du premier film de 1992...

Illustration de Chas Addams


  Ce florilège non exhaustif paru chez Pocket réunit quelques une des plus célèbres illustrations humoristiques de Chas Addams : Entre le récit graphique et la Bande-Dessinée, ces cartoons parus entre les années 30 et 60 dans le New-Yorker étaient, il faut le reconnaître, d'un caractère assez unique! L'inspiration esthétique, si elle était à l'évidence calquée sur le visuel des films d'horreur de la Hammer (bicoque victorienne gothique, Morticia en sosie de Carol Brand dans La marque du Vampire, et un majordome au physique de Monstre de Frankenstein), est néanmoins servie dans une ambiance à la fois noire et légère (oui, oui, les deux ne sont pas antinomiques! ). Pas d'effet d'horreur ou d'effusion de sang, pas de transformation spectaculaire ou de manifestation fantastique : au fil de ces nombreux dessins, le bizarre se glisse avec subtilité dans la normalité.

 Agauche : Carol Brand - A droite : Morticia par Chas Addams.


  Aussi, c'est le plus souvent dans la distance entre le dessin dépeignant une scène apparemment ordinaire et l'annotation ou texte l'accompagnant que s'insinue l'étrangeté : Mr et Madame Addams sortent en laissant leurs deux adoraaaables enfants à la nounou, lui précisant qu'il ne lui arrivera rien si elle ne leur tourne jamais le dos (gasp!), Morticia qui explique à ses chérubins qu'ils pourront garder leur nouvel animal de compagnie à condition de bien s'en occuper, sauf que l'animal en question est une créature entre l'iguane géant et le dragon (hiiiiii!)... Souvent, aucun texte ni bulle mais juste un dessin pour lequel l'observation appuyée du lecteur révèlera l'infime détail qui fera délicieusement froid dans le dos : Dans un décor de boutique de taxidermie, on aperçoit l'un des vendeurs sortant les espèces des vitrines pour les brosser comme des animaux vivants (bark!), ou l'oncle Fétide qui aiguise les pics de la grille entourant son manoir (hum...). Ce ton "méchamment gentil" ou "monstrueusement drôle" du détournement a évidemment inspiré l’œuvre de l'artiste Edward Gorey, dont j'avais présenté l'album Les enfants fichus l'an dernier.

 "Chéri, les enfants sont revenus de colonie!"
 

  La petite famille aux allures de monstres est loin d'être la seule création de Chas Addams et d'ailleurs, elle s'est constituée au fil du temps, une évolution que l'on constate dans ce recueil : d'abord n'apparait que Morticia, puis les autres personnages, dont les liens et statuts ne seront pas clairement définis avant les adaptations à l'écran. De plus, cette famille qui prit donc le nom de son auteur lorsqu'il fallut la baptiser n'est pas sa seule création : de nombreux autres dessins pleins d'humour noir sont également présentés dans ce recueil. Certains absolument savoureux s'amusent même de l'implication du lecteur, à l'image de celui-ci :


  On regrette seulement qu'il existe si peu de traductions en France de l’œuvre de Chas Addams : ce rare livre sorti en 1992 et désormais épuisé souffre par ailleurs de son format poche, qui ne permet pas la mise en valeur des très belles illustrations et leurs nombreux détails. Reste un très beau livre récemment paru chez Huginn & Muninn qui revient aux origines de la création, mais on ne serait pas contre quelques rééditions d'ouvrages originaux ou la publications de nouvelles anthologies de cet artiste talentueux.



En bref : Un très bel aperçu des origines graphiques de la famille Addams : des cartoons s'amusant des codes du gothique pour mieux détourner ceux de la normalité (et inversement). Un univers à l'humour noir et subtil qu'on adore!

 

mardi 31 octobre 2017

Happy Halloween from the Owens House...


" Cela faisait deux cent ans que les dames Owens étaient tenues pour responsables de tout ce qui n'allait pas en ville. Un printemps maussade, du sang dans le lait des vaches, un poulain victime de coliques, un nouveau-né affligé d'une marque rouge sur la joue, vite on s'imaginait que le sort avait dû être un tantinet aidé par ces dames de Magnolia Street ..."

  Après mon Halloween "Fantôme de l'Opéra" l'an dernier, voici, en adéquation avec le thème "sorcellerie" du challenge Halloween 2017 et en hommage à la sortie du roman Rules of Magic d'Alice Hoffman, un Halloween inspiré de l'univers des Ensorceleuses (Practical Magic), livre et adaptation. Cette année, le terrier a donc pris des airs du manoir Owens, cette grande demeure victorienne qui abrite depuis plus de deux siècles les descendantes de Maria Owens.

Concept art original du film.

"Il n'avait pas fallu longtemps aux braves gens pour se convaincre que, la nuit tombée, il n'était guère prudent de longer la maison des Owens ; seuls les voisins les plus insensés risquaient un coup d’œil vers la clôture de fer forgé noir, lovée autour de la cour tel un serpent."

  Pour se plonger dans l'atmosphère unique des Owens, c'est inspirés des décors et accessoires du film et aidés des description d'Alice Hoffman que nous avons transformé l'intérieur du Terrier : Les meubles de merisier vieillis par les ans, la gigantesque serre où l'on cultive la belladone, les fioles et pots d'herboriste des tantes, l'insigne du bel inspecteur, les lourds chandeliers d'ébène, le scarabée horloge de la mort, le livre des Owens (oui, ce sont les mêmes pages!) et... les bottes d'un ex-amant du type Country-Carpates qui émergent comme par magie des ronces...

 Photographies et accessoires du film.

  Le temps de quelques citations, nous vous proposons une petite visite des plus ensorcelantes...



"Quiconque était assez brave pour affronter le porche où le lierre s'en donnait à cœur joie pouvait passer des heures à essayer de regarder par les fenêtres, mais en vain, car les vitres teintées en vert étaient si vieilles, si épaisses, qu'au-delà tout paraissait un rêve, y compris le ciel et les arbres." 


 " Antonia dirige son regard vers le fond du jardin et comprend... il y a quelque chose sous ces horribles ronces (...) Elle se met à rire."Ce n'est qu'une botte, rien d'autre." Elle est en peau de serpent, unique vestige d'une paire qui a dû coûter près de 300 dollars ; en effet, Jimmy n'aurait jamais rien acheté quoi que ce soit au Bazar Western, ni dans un endroit de ce genre. Il avait un faible pour les magasins chics, préférant des articles en un seul exemplaire. "Ne va pas là!" s'exclame Gillian en voyant Antonia essayer de retirer la botte. La pluie a redoublé, voilant le jardin d'un rideau gris, d'une couverture de larmes. La terre parait spongieuse là où elles l'ont enterré. Pour peu que vous y enfonciez la main, vous pourriez exhumer un os..."
 


"Survient alors une chose étrange : le crapaud ouvre la bouche et crache une bague. "Ca alors, s'exclame Kylie en riant. Merci." Une fois dans sa main, la bague lui parait lourde et froide. Le crapaud doit l'avoir trouvée dans la vase. Elle est entourée d'une telle croûte de boue qu'il est difficile pour elle d'apprécier ce cadeau. Si elle s'arrêtait pour le regarder de près à la lumière, elle s'apercevrait que l'argent a un reflet pourpre. La patine poussiéreuse cache des gouttes de sang. Si elle n'avait pas été si pressée (...), si elle avait su ce qu'elle tenait dans la main, elle aurait emporté cette bague au fond du jardin et l'aurait enterrée, sous les lilas, à sa vraie place."


" Aujourd'hui, Maria Owens trône au-dessus du lit de Kylie. A la façon dont on la sent présente sur cette toile, il est évident que le peintre est tombé amoureux d'elle avant même d'avoir achevé son portrait. Si l'heure est tardive et la nuit très calme, on croit la voir respirer. Si un fantôme envisageait de s'introduire par la fenêtre ou de s'infiltrer par les murs, il hésiterait sans doute à se trouver nez à nez avec Maria" 



"La magie ce n'est pas que malédictions et potions. C'est comme votre insigne : encore un symbole. Il n'empêche pas les criminels d'assassiner, Si?... Non : il a un pouvoir parce que vous y croyez."



"La vie semblait merveilleuse, quand on découvrit cet insecte surnommé horloge de la mort, près de la chaise sur laquelle Michael s'asseyait pour le dîner. Le temps de l'homme sur terre est, on le sait, limité, mais une fois que l'horloge de la mort commence à faire entendre son tic-tac, plus rien ne saurait l'arrêter : il n'y a ni prise à retirer, ni pendule à immobiliser, ni interrupteur susceptible de vous rendre le temps que jadis vous pensiez avoir." 


"Même si nous le ramenions ce ne serait plus Michael... il reviendrait dénaturé, maléfique. Inhumain."



"Il est grand, brun, beau, et mort. "J'ai fini par trouver une façon de l'empêcher d'être méchant, en glissant un peu de belladone dans son dîner.""


"Après tout, il y a des principes dont Sally Owens ne démordra pas: jeter toujours du sel par-dessus votre épaule gauche. Garder du romarin à l'entrée de votre jardin, ajouter du poivre à la purée. Planter de la lavande et des roses, ça vous portera chance. Tomber amoureux chaque fois que vous le pouvez."



    Nous espérons que cette petite visite vous aura, l'espace de quelques minutes, plongé dans l'ambiance unique de l'univers d'Alice Hoffman, et que vous vous jetterez sur le roman ou le film si ce n'est déjà chose faite. 
  Maintenant, sur ces règles fondamentales de la maison des Owens, je vous souhaite un très joyeux, magique, ensorcelant, witchy Halloween! Et pour la bonne nouvelle, nos deux hôtesses du Challenge, Lou & Hilde, ont récemment annoncé que nos festivités se poursuivraient jusque mi-Novembre! Encore quelques semaines pour jeter des sorts, donc... Nous espérons que vous serez toutes et tous au rendez-vous!


Et chose promise, chose due : Ce soir, tout le monde saute du toit et s'envole! ;)